Le blog d'Aurélie Friedli

  • Chronique d'un confinement privilégié

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    Je suis une privilégiée et j’en suis consciente. Je vous parlerai ici de privilège en matière de ressources financières et culturelles, mais je suis privilégiée pour beaucoup d’autres raisons également, je vous en parlerai une prochaine fois. Je vis dans un environnement sain, quasiment sans nuisance(s), dans un village coquet. Je dispose de suffisamment d’espace, voire trop, pour changer de pièce selon mes envies et mes activités. J’exerce une profession qui, après quelques aménagements, permet le télétravail. Ah et détail qui a toute son importance : je n’ai pas d’enfants et je ne vis pas avec une personne à charge – chapeau bas à celles et ceux qui ont jonglé pour travailler à distance tout en s’occupant d’autres personnes.

    Bien entendu la vie sociale m’a manqué : les réunions politiques, le théâtre, les répétitions de musique (et l’apéro après), les restaurants. Ce qui me manque le plus c’est de prendre mes parents dans les bras, d’embrasser ma grand-maman ou encore d’échanger avec mes amies et amis collé·e·s dans un canapé durant des heures. Heureusement que nous pouvions prendre l’apéro à la maison en se voyant par écrans interposés, mais ce n’est pas la même chose.

    D’un autre côté, j’ai apprécié cette période plus calme : je n’étais pas sans cesse en train de courir entre le travail, le sport, les séances politiques et les nombreuses répétitions de musique.

    Bien sûr qu’il y avait quelque chose d’oppressant, d’angoissant, une peur de la maladie et de la tristesse liée à ses conséquences terribles. J’attendais nerveusement les conférences de presse du Conseil fédéral, j’actualisais sans cesse le fil d’actualités de la Tribune de Genève. Et surtout, je me sentais largement inutile à cette société en crise.

    Alors, à un moment donné, j’ai lâché ; mise au chômage partiel, j’ai arrêté de me culpabiliser de ne pas travailler autant que d’habitude. J’ai décidé de ne plus suivre avec autant d’assiduité les nouvelles anxiogènes. J’ai même cessé d’attendre les conférences de presse. Je me contentais de lire les nouvelles ordonnances – la juriste que je suis s’accroche à ce qu’elle connaît et comprend. Je me suis mise dans une bulle.

    J’ai pris le temps de lire – des essais pour apprendre et réfléchir, mais aussi de nombreux romans, pour m’évader –, de cuisiner, de regarder des films, de jardiner, de me promener tous les jours avec mes parents – à distance, chacun d’un côté du chemin –, de jouer de la clarinette – pour moi et aussi pour les voisin·e·s le soir à 21h. Cela m’a également laissé le temps de réfléchir. Qu’est-ce que je veux vraiment pour ma vie ? Qu’est-ce qui compte pour moi et qui me rend heureuse ? A quelles activités suis-je d’accord de consacrer du temps ? Est-ce que je souhaite changer de profession ?

    Et tout ça, m’a fait un immense bien. Forcée d’arrêter ma vie palpitante mais aussi astreignante, j’ai adoré prendre le temps. Et même perdre mon temps.

    Je sais que le confinement n’a de loin pas été aussi facile pour tout le monde, à commencer par les personnes atteintes dans leur santé, celles qui attendent des heures aux abords de la patinoire des Vernets pour recevoir de quoi survivre, celles qui ont continué à travailler pour faire tourner la société, et ce n’est pas ici mon propos. Je voulais simplement partager avec vous ce que j’ai pu en tirer de positif. Des hauts et des bas, j’en ai eu. De sacrées remises en question même. Des pleurs au téléphone parce que la reprise me paraissait insurmontable.

    Et puis finalement, je suis ravie d’avoir repris le chemin du bureau, surtout parce que j’ai encore un travail. Alors j’espère ne pas oublier trop vite les leçons de ce confinement.

    Il ne reste plus qu’à trouver un juste équilibre dans tout cela.

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  • #JeSuisUnePatate ou quand la politique dérape

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    Faire de la politique peut s'avérer mouvementé. J'en ai fait l'expérience lors du dernier Conseil municipal où je siège depuis bientôt cinq ans. Côtoyant tant l’enceinte politique que les tribunaux, je suis pourtant une habituée des joutes verbales. Ces prises de parole permettent l’échange d’idées, de points de vue ou la défense de valeurs, souvent avec les tripes et le cœur. Les échanges sont parfois vifs et chargés d’émotions. Il leur arrive de devenir parfois presque houleux.

    Mais les insultes ou les mots blessants, ça je ne connaissais pas. C’est malheureusement chose faite : mardi 4 février 2020, lors du Conseil municipal de Bernex, un conseiller municipal d’un autre parti m’a traitée de « patate ». Questionné par un autre élu sur ces propos, il a encore lancé un « ta gueule ».

    Si l’insulte à mon égard est plutôt cocasse, le contexte l’est bien moins… Se faire traiter de « patate » pendant que l’on a la parole au sein d’une instance politique n’est pas acceptable ! Se faire attaquer alors que l'on pose une question ne peut qu’être dénoncé, quelles que soient les personnes impliquées et les mots prononcés.

    S’engager en politique n’est pas anodin. Encore moins pour une jeune femme. Les remarques sexistes et paternalistes ne sont jamais loin, nos comportements sont bien plus scrutés que ceux de nos collègues masculins. Alors, bien entendu, je me demande aussi si ce « patate », lancé par un élu né deux générations avant moi, n’a pas aussi un relent de sexisme. Certaines questions dérangent et elles en dérangent certains encore bien plus lorsqu’elles sont posées par des femmes.

    Bien sûr, sans le vouloir, il peut nous arriver d’être maladroit·e ou même blessant·e. Déraper est si vite arrivé. Mais s’excuser demande du courage : il faut alors ravaler sa fierté, trouver les mots justes et accepter la possibilité que l’autre refuse de nous pardonner. Au fond, je crois que je ne m’attendais pas vraiment à des excuses. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque quelques jours après l’incident, la presse relaie l’incident : le sieur invectiveur y défend sa position, « en souriant » dit l’article… Décidément…

    De plus, et comme trop souvent, la presse donne la parole à l’agresseur, sans laisser aux personnes visées la place de s’exprimer. Dommage !

    Alors comment réagir ? Ne rien faire, comme je le fais trop souvent ? Dénoncer ? Me braquer ? En débriefant avec mes collègues élu·e·s, j'ai dit en rigolant qu’en réaction nous pourrions faire des badges patates, afin de répondre par l’humour. Et bien c’est chose faite !

    Sans pour autant en faire toute un fromage (ou pour rester dans le thème, un rösti), j’ai lancé, avec le groupe Les Socialistes et les Vert·e·s de Bernex, une campagne positive et rigolote : #jesuisunepatate. Cette campagne s’inscrit dans celle lancée par Liliane Maury Pasquier #pasdansmonparlement qui dénonce le sexisme et les violences au sein des parlements.

    Je suis une patate, au nom du respect en politique. Je suis une patate au service de la population, du bien commun et du respect de chacune et chacun, pour que les débats d’idées puissent continuer sans dérapage !

    Si toi aussi tu es une patate, commande ton badge et porte-le fièrement !

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  • Tournée triomphale au Brésil : l’OHGe fait rayonner Genève

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    Dimanche 27 octobre 2019 au soir, l’OHGe – Orchestre d’harmonie de l’Etat de Genève est rentré d’une tournée triomphale de 10 jours au Brésil, des étoiles plein les yeux. A São Paulo, puis à Petrópolis, Rio de Janeiro et enfin à Belém, les concerts ont toujours rencontré un très vif succès : les églises et les salles de concert étaient remplies d’un public attentif et, si l’on en croit le nombre impressionnant de standing ovations, ravi. L’OHGe est fier d’y avoir représenté la Suisse et Genève avec brio !

    Crédits photo: Ediel Sousa

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