Les quotas, ce mal nécessaire

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Je ne vous parlerai pas ici de l’âge des parlementaires[1] ou de leur profession… Mais de leur sexe.

Je suis convaincue que notre Parlement doit nous ressembler. La représentativité des régions est ainsi le cœur de notre système bicaméral. Or, au niveau des sexes, avec 31,7% de femmes au Conseil national et 13% au Conseil des Etats[2], les femmes qui représentent plus de la moitié de la population suisse ne sont donc pas représentées de manière proportionnelle au sein du Parlement fédéral.

Le niveau d’instruction des femmes est supérieur à celui des hommes[3] ; le débat des compétences n’a donc pas lieu d’être. Des femmes compétentes et engagées, il y en a dans tous les cantons !

Dans un monde idéal, sans discriminations, les quotas ne devraient pas exister. Le monde dans lequel nous vivons est néanmoins tout autre. Les quotas y sont nécessaires pour en finir avec une représentativité biaisée. Ils sont un mal nécessaire afin d’atteindre l’égalité.

Les quotas de candidates sur les listes électorales est le premier pas vers cette égalité politique entre femmes et hommes. Reste ensuite aux partis et aux médias à mettre les femmes en avant autant que les hommes, pour que celles-ci soient élues.

D’autres méthodes existent, le tirage au sort par exemple. En vue des élections nationales le « Collectif transition citoyenne vaudois » a tiré au sort ses candidates et candidats. Pour contrebalancer le Parlement actuel, deux tiers des personnes tirées sont des femmes[4]. Mais sommes-nous prêt·e·s à tirer au sort nos élu·e·s ?

Le canton de Neuchâtel avait quant à lui, suite à un postulat du groupe socialiste, proposé de réserver 50% des sièges de son Parlement à chacun des sexes. Proposition refusée par certains partis qui jugeaient la mesure anticonstitutionnelle. Le droit de vote des femmes était lui aussi, anticonstitutionnel, avant 1971, et pourtant, aujourd’hui personne ne le remet en cause. Il faut du courage politique pour atteindre l’égalité.

L’égalité est inscrite dans la Constitution depuis 1981. Si le nombre de femmes augmente légèrement à chaque élection du Conseil national, du côté des Etats, après un pic à 24% en 2005, le nombre de femmes élues recule.

38 ans que l’égalité est inscrite dans la Constitution. Nous avons plus que testé la méthode de l’autorégulation. Les résultats ne sont pas satisfaisants. Introduisons des quotas et faisons le bilan, dans disons, 38 ans !

 

(Pour m'entendre en parler, https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/le-debat-comment-atteindre-la-parite-en-politique?id=10550328)

 

[1] 10 sièges sur 246 sont occupés par des personnes de moins de 35 ans ; https://www.parlament.ch/fr/%C3%BCber-das-parlament/faits-donnees-chifrees/chiffres-parlementaires

[2] https://www.parlament.ch/fr/%C3%BCber-das-parlament/faits-donnees-chifrees/chiffres-parlementaires

[3] https://www.rts.ch/info/suisse/10416186-en-suisse-42-des-femmes-de-25-a-34-ans-ont-un-diplome-superieur.html

[4] https://www.rts.ch/info/regions/vaud/10556198-le-collectif-transition-citoyenne-vaud-tire-au-sort-19-candidats-au-national.html

Lien permanent 9 commentaires

Commentaires

  • Plus le niveau d'instruction est élevé, moins on s'engage en Politique.

  • - "les femmes qui représentent plus de la moitié de la population suisse ne sont donc pas représentées de manière proportionnelle au sein du Parlement fédéral." (Aurélie Friedli)

    C'est un faux débat. Une obsession psycho-esthétique, comme l'astrologie ou la numérologie. Constituez un parti, le PSF, Parti Suisse des Femmes, et appellez les femmes suisses à voter pour ce parti là.

    Ou oseriez vous assimiler les femmes suisses à une classe sociale ?


    - "L’égalité est inscrite dans la Constitution depuis 1981." (Aurélie Friedli)

    Si vous parlez de cet article ci ...

    Art. 8 Egalité
    3 L'homme et la femme sont égaux en droit. ...

    ... les femmes suisses ont les mêmes droits politiques que les hommes suisses.

    Expliquez en quoi une minorité de femmes au parlement vous prive personnellement de droits politiques, et de quels droits politiques.

  • Tout à fait d’accord avec vous, mais pour cela il faudrait que les femmes jouent le jeu, elles sont majoritaires dans le corps électoral et que les partis fassent un peu plus de place à la représentation féminine. Ces deux critères sont rarement pris en compte. Depuis des années je choisis des femmes et je vote sur liste que j’écris moi-même.

  • Lorsqu'il s'agit d'employés de l'Etat, la volonté d'égalité ne me dérange pas.
    Lorsqu'il s'agit de s'attaquer à la démocratie, c'est non.

    Qu'il y ait une obligation aux partis de mettre en avant autant d'hommes que de femmes pour des élections fédérales, je n'y vois rien de mal.
    Mais ensuite, la démocratie implique le choix du peuple, et non des quotas qui détruisent la démocratie.

    Après les femmes, je vous vois venir, c'est le jeunes, qui entre parenthèses son vieux dans leur tête (les jeunesses politiques sont désespérantes, elles sont le copié-collé des précédentes), puis ce sera les LGBT, puis on va demander des petites places, pour les religions non chrétiennes, handicapés, puis des gens de couleurs, etc…

    La démocratie n'est pas un jeu où on suit une mode (communautarisme). C'est aux partis de proposer, au peuple de choisir.

    De plus, face à l'avenir (climat, pollutions, intelligence artificielle, nouveau paradigme politique mondiale ), le peuple a besoin de gens visionnaires, et qu'importe si c'est 100% femmes ou hommes, du moment qu'ils n'ont pas les pieds dans le 20ème siècle et une paresse intellectuelle comme le 90% des politiques actuels, jeunes y compris. Du moins c'est un ressenti.

    L'égalité au niveau local, même si cela heurte la démocratie, j'y suis ouvert. Au niveau fédéral, au vu de ce qui nous attends, c'est non.

    La Suisse ne peut pas se permettre de perdre des personnes de valeurs pour des raisons de quotas.

  • "Les quotas, ce mal nécessaire".
    Un titre éloquent puisqu'il met d'emblée en évidence deux choses:
    1) les quotas sont un mal;
    2) ce mal, selon l'auteur, serait nécessaire.
    Intrigué par ce titre, je lis le texte en entier.
    Ma conclusion? L'auteur aurait tout aussi bien pu intituler son billet:
    "Les femmes, ce mal nécessaire".

  • Les femmes et les hommes sont nécessaires à la vie humaine. Les quotas, eux, servent à renforcer la représentativité: dans certains domaines des femmes, dans d'autres des hommes.

  • Cette vidéo est une perle pour tous ceux qui combattent l'idéologie de gauche dite progressiste, mais néanmoins faciste.

    https://www.youtube.com/watch?v=u54cAvqLRpA

  • Pour info : Sanglier Sympa, la face un peu trop cool et présentable de l'alt-right français http://www.slate.fr/story/153504/sanglier-sympa-twitter-alt-right-francais

  • C'est parfait, cessons de perdre du temps et de l'argent en élections puisque qu'il suffirait de créer une matrice "homme/femme, jeune/vieux, grand/petit, noir/blanc...etc" pour que tout le monde soit également représenté.

    Mais est ce qu'il ne vous est pas venu a l'esprit que des quotas basés sur des caractéristiques physiques ne présume de rien quand aux opinions de gauche ou de droite desdits bénéficiaires de ces quotas ?

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