Le blog d'Aurélie Friedli

  • Quand tout disparaît, le temps d’un concert

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    Samedi dernier, le 15 juin, je jouais au Victoria Hall avec l’OHGe[1]. Un programme axé sur la musique latino et le jazz, un défi pour notre orchestre plutôt habitué à la musique classique.

    Mais quel bonheur de faire résonner cette salle mythique avec la Cuban Overture de Gershwin et vibrer sur l’air de Big Time. Deux solistes nous accompagnaient cette année : Mélanie Clivaz qui nous a transporté avec les sonorités envoûtantes et diverses de son saxophone en interprétant le Concertango de Luis Serrano Alarcon, ainsi que Mallika Hermand et sa voix puissante tout droit sortie de l’âge d’or du Big band, mais avec une fraîcheur et une modernité qui a su conquérir notre public.

    La musique nous transporte, elle nous donne la chair de poule, nous fais pleurer ou rire, nous rappelle des souvenirs marquants. Elle accompagne nos vies et rythme nos journées.

    Pour les musiciennes et les musiciens, elle est aussi exigeante et capricieuse, demande de la persévérance et une passion certaine.

    L’investissement personnel augmente lorsque le concert se rapproche. Plus il se rapproche plus le stress commence à monter. A quelques minutes du concert, les loges sont remplies d’excitation et d’adrénaline.

    Puis vient le moment de monter sur scène. On s’assoit face à sa partition. On s’accorde une dernière fois. Il faut ensuite faire le vide, chasser le trac, oublier ce qui nous entoure, se concentrer et jouer. Jouer avec tout son cœur.

    On oublie alors les longues heures de répétition, les remontrances du·de la chef·fe d’orchestre, les fausses notes que l’on a faites encore et encore à l’entraînement. Tout disparaît. Comme hors du temps. Ne reste que le plaisir d’être ensemble, de partager un moment merveilleux et d’être écouté par un public captivé.

    Les dernières notes s’envolent, le·a chef·fe redescend sa baguette.

    Enfin retentissent les applaudissements. La pression retombe, on atterrit, on sourit, on sait que le concert restera dans nos mémoires et que l’on en parlera encore longtemps, des étoiles dans les yeux.

    Je chéris ces moments de partage durant lesquels nous jouons en harmonie et où vibrent nos instruments et nos âmes à l’unisson.

    La musique réunit, alors courez à la fête de la musique et profitez de ces moments de partage hors du temps !

    Quant à moi vous pourrez me retrouver le 26 juin à la fête des écoles de la Ville de Genève à la tête du Corps de musique de Landwehr pour un moment festif !

     

    [1] En 2015, alors que le Corps de musique de Landwehr devenait l’unique musique officielle de l’Etat, naissait en son sein l’Orchestre d'harmonie de l'Etat de Genève (OHGe, www.ohge.ch) qui comprend une soixantaine de musiciennes et musiciens amateur·e·s, étudiant·e·s HEM et professionnel·le·s (bois, cuivres et percussions). L'OHGe évolue en catégorie excellence, la catégorie la plus élevée pour ce type d’orchestre au niveau national.

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  • La Grève nationale des Femmes* du 14 juin 2019 : les raisons du grand débrayage

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    Le 14 juin, je ferai grève pour la première fois de ma vie. Avec des milliers de femmes* à travers la Suisse, je descendrai dans la rue pour revendiquer une égalité de fait.

    Il n'est pas question d'une guerre des sexes ou d'une volonté de renversement des inégalités. Nous demandons  "simplement" d'être payées de la même manière que les hommes. Nous demandons que les tâches ménagères soient réparties de manière plus équitable et que le travail de soin/care soit reconnu. Nous demandons que les violences sexuelles et le harcèlement de rue soient condamnés par la justice et par l’opinion publique. Nous demandons une protection accrue lors du retour de congé maternité. Nous demandons encore tellement de choses qui vont de soi et qui pourtant nous sont toujours refusées.

    Chacune d’entre nous porte des revendications qui lui sont chères. Nous les partageons avec nos voisines, nos sœurs, nos filles, nos amies, nos amantes, nos collègues, nos mères. Et puis, le 14 juin nous ferons entendre nos cris de colère et résonner notre volonté d’obtenir maintenant l’égalité !

    Bien entendu, il existe d’autres manières de faire entendre nos revendications : l’engagement associatif, la formation, l’engagement politique, les changements législatifs, les campagnes de sensibilisation. Nous avons tout essayé. Mais rien ne bouge, ou si lentement. Comme beaucoup d’entre nous, je suis lasse d’être toujours discriminée parce que je suis une femme*.

    Des femmes* se sont battues pendant des décennies pour obtenir le droit de vote, celui à l'avortement puis la loi sur l’égalité et enfin le congé maternité payé. À nous aujourd’hui de continuer à nous engager pour avancer vers l’égalité.

    Pour toutes ces raisons, le 14 juin, je ferai grève pour la première fois de ma vie.

    Rejoins-nous pour faire entendre tes revendications. Ensemble, nous marchons pour nos droits et notre dignité !