Le blog d'Aurélie Friedli

  • #JeSuisUnePatate ou quand la politique dérape

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    Faire de la politique peut s'avérer mouvementé. J'en ai fait l'expérience lors du dernier Conseil municipal où je siège depuis bientôt cinq ans. Côtoyant tant l’enceinte politique que les tribunaux, je suis pourtant une habituée des joutes verbales. Ces prises de parole permettent l’échange d’idées, de points de vue ou la défense de valeurs, souvent avec les tripes et le cœur. Les échanges sont parfois vifs et chargés d’émotions. Il leur arrive de devenir parfois presque houleux.

    Mais les insultes ou les mots blessants, ça je ne connaissais pas. C’est malheureusement chose faite : mardi 4 février 2020, lors du Conseil municipal de Bernex, un conseiller municipal d’un autre parti m’a traitée de « patate ». Questionné par un autre élu sur ces propos, il a encore lancé un « ta gueule ».

    Si l’insulte à mon égard est plutôt cocasse, le contexte l’est bien moins… Se faire traiter de « patate » pendant que l’on a la parole au sein d’une instance politique n’est pas acceptable ! Se faire attaquer alors que l'on pose une question ne peut qu’être dénoncé, quelles que soient les personnes impliquées et les mots prononcés.

    S’engager en politique n’est pas anodin. Encore moins pour une jeune femme. Les remarques sexistes et paternalistes ne sont jamais loin, nos comportements sont bien plus scrutés que ceux de nos collègues masculins. Alors, bien entendu, je me demande aussi si ce « patate », lancé par un élu né deux générations avant moi, n’a pas aussi un relent de sexisme. Certaines questions dérangent et elles en dérangent certains encore bien plus lorsqu’elles sont posées par des femmes.

    Bien sûr, sans le vouloir, il peut nous arriver d’être maladroit·e ou même blessant·e. Déraper est si vite arrivé. Mais s’excuser demande du courage : il faut alors ravaler sa fierté, trouver les mots justes et accepter la possibilité que l’autre refuse de nous pardonner. Au fond, je crois que je ne m’attendais pas vraiment à des excuses. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque quelques jours après l’incident, la presse relaie l’incident : le sieur invectiveur y défend sa position, « en souriant » dit l’article… Décidément…

    De plus, et comme trop souvent, la presse donne la parole à l’agresseur, sans laisser aux personnes visées la place de s’exprimer. Dommage !

    Alors comment réagir ? Ne rien faire, comme je le fais trop souvent ? Dénoncer ? Me braquer ? En débriefant avec mes collègues élu·e·s, j'ai dit en rigolant qu’en réaction nous pourrions faire des badges patates, afin de répondre par l’humour. Et bien c’est chose faite !

    Sans pour autant en faire toute un fromage (ou pour rester dans le thème, un rösti), j’ai lancé, avec le groupe Les Socialistes et les Vert·e·s de Bernex, une campagne positive et rigolote : #jesuisunepatate. Cette campagne s’inscrit dans celle lancée par Liliane Maury Pasquier #pasdansmonparlement qui dénonce le sexisme et les violences au sein des parlements.

    Je suis une patate, au nom du respect en politique. Je suis une patate au service de la population, du bien commun et du respect de chacune et chacun, pour que les débats d’idées puissent continuer sans dérapage !

    Si toi aussi tu es une patate, commande ton badge et porte-le fièrement !

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  • Tournée triomphale au Brésil : l’OHGe fait rayonner Genève

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    Dimanche 27 octobre 2019 au soir, l’OHGe – Orchestre d’harmonie de l’Etat de Genève est rentré d’une tournée triomphale de 10 jours au Brésil, des étoiles plein les yeux. A São Paulo, puis à Petrópolis, Rio de Janeiro et enfin à Belém, les concerts ont toujours rencontré un très vif succès : les églises et les salles de concert étaient remplies d’un public attentif et, si l’on en croit le nombre impressionnant de standing ovations, ravi. L’OHGe est fier d’y avoir représenté la Suisse et Genève avec brio !

    Crédits photo: Ediel Sousa

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  • Ma nuit a été belle !

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    Cette nuit du 26 septembre 2019 était inhabituelle : pour une nuit, le Grand Genève s’est obscurci[1]. Imaginée pour sensibiliser à la pollution lumineuse qui impacte les rythmes biologiques de la faune, de la flore, et qui dégrade les habitats naturels, cette nuit est un événement en soi.

    Habitant Lully et me déplaçant quotidiennement à vélo, je suis une habituée des chemins non éclairés. Mais quel plaisir indescriptible j’ai pris à arpenter des rues habituellement tant illuminées, plongées dans une semi-pénombre[2]. Je m’y suis sentie si petite, mais si apaisée.

    J’aperçois la rade avec un peu moins d’enseignes lumineuses, le pont du Mont-Blanc illuminé uniquement par les phares des automobilistes y circulant. Je traverse une Place Neuve splendide d’obscurité, avec un Grand Théâtre, un musée Rath et un parc des Bastions éteints, endormis.

    Aux abords du stade de la Praille, éclairé pour un match, je dévisage deux motards qui sont assis sur leurs motos à l’arrêt sur un îlot. Me rapprochant je réalise que ce sont deux policiers qui attendent la fin du match pour éviter les débordements. J’ai ri de m’être demandée ce qu’ils faisaient là. Je les ai salués. Ils m’ont répondu gentiment, eux aussi, comme perdus dans cette sombre vastitude.

    Sur le bord de la route de Base, une voiture s’arrête, semble vouloir faire demi-tour. Le conducteur m’indique en souriant que sans lumière, il a manqué le chemin qu’il devait prendre. Il me laisse passer.

    Plus loin, je m’aperçois que je suis beaucoup plus attentive aux bruits qui m’entourent. Quand un sens est diminué, les autres s’en retrouvent décuplés. J’entends des cloches de vaches, un camion au loin, puis les insectes si proches.

    Lever la tête vers le ciel pour contempler son immensité. Profiter de la nuit, l’accueillir comme un répit dans nos vies effrénées et ultra-connectées. J’ai adoré cette nuit hors du temps.

    Je me rends compte, une fois encore, que l’humain est si petit face à l’univers, face à cette Terre qui nous nourrit et nous héberge. Pour observer les étoiles, faire des économies d’énergie, protéger la biodiversité nocturne, préserver la santé humaine, j’espère que cet événement sera reconduit, souvent !

    Dans l’intervalle, les commerces et les entreprises n’étant pas actives durant la nuit pourraient tirer la prise pour laisser tout le monde se reposer (les ampoules aussi).

    Un grand merci aux organisateur·trice·s, aux communes et à toutes les entreprises ayant joué le jeu : ma nuit a été belle !

     

    [1] https://www.lanuitestbelle.org/

    [2] De nombreuses enseignes scintillaient et les lumières des bâtiments étaient présentes à de nombreux emplacements.

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